Frères des écoles chrétiennes

Dès 1680 et sans projet de fondation précis, M. de La Salle, pour répondre à l'appel d'un "rêveur-fonceur", pense que la meilleure "école" pour éduquer les enfants des artisans et des pauvres, dont la plupart couraient les rues, est de constituer une équipe de maîtres pour conjuguer éducation humaine et éducation chrétienne dans la même démarche pédagogique; ils "éduquaient en évangélisant et évangélisaient en éduquant". Cette conjugaison, M. de La Salle l'a voulue aussi pour les premiers maîtres en harmonisant, dans leur démarche de formation, la pédagogie et la spiritualité; bref, les premiers maîtres autour de M. de La Salle sont devenus une association de laïcs chrétiens progressivement formés à une pastorale d'ensemble à travers un projet pédagogique et éducatif dont ils se sont efforcés d'écrire ensemble les grandes orientations.

Voilà comment, sans l'avoir voulu vraiment mais en restant attentif aux signes des temps, un chanoine de Reims, prédestiné à l'épiscopat, a transformé une réponse ponctuelle en un projet de vie, pour lui et pour ses premiers disciples.

Sans y mettre la connotation religieuse qui s'y est rattachée, suite à l'approbation de ce nouvel Institut par les autorités romaines, ces laïcs vivant et oeuvrant "ensemble et par association" ont trouvé significatif de s'appeler "FRERES". 

Et aujourd'hui?
Dans le monde contemporain de l'enseignement, les intuitions de M. de La Salle restent d'actualité: une éducation globale de l'enfant et du jeune, une mixité où différentes classes sociales se rencontrent et peuvent s'enrichir, une communauté éducative de plus en plus responsable de son projet pédagogique et éducatif.

Ces intuitions ont traversé les siècles et les continents: l'Institut des Frères des Ecoles Chrétiennes est présent dans 83 pays à travers le monde. Elles ont même traversé les religions puisque, dans certaines parties du monde, des communautés éducatives à majorité musulmane se recommandent de l'esprit de M. de La Salle et continuent à conjuguer éducation humaine et éducation religieuse.

Dans des régions où la foi religieuse est vivante, des jeunes restent ouverts à un appel à vivre leur vie dans une mission de service éducatif prioritairement attentif aux défavorisés, aux exclus. Des Frères restent encore pionniers dans des œuvres éducatives.

Dans des régions marquées par la sécularisation, le défi que Frères et Laïcs veulent relever en ce début de 21° siècle est double: d'une part, garder foi dans un appel toujours possible à la vocation de Frère et, d'autre part, reconnaître comme héritières de la tradition lasallienne des associations de laïcs chrétiens qui font de leur "métier" d'enseignant un "projet de vie et qui, tenant compte des exigences d'une vie familiale, construisent un "ensemble et par association" nouveau.

Si vous souhaitez en savoir plus, deux sites peuvent compléter cette première information:
- www.freres-ec.be (site local)
- www.lasalle.org (site international).

Frère Jean-Pierre Berger